Le guide des Frais Bancaires

Frais bancaires : le guide complet et 8 conseils pour en payer moins

Les frais bancaires sont souvent perçus comme injustes et parfois trop importants. Mais une banque est une entreprise comme une autre : elle a le droit de facturer ses services et prestations. Cela dit, la jungle des frais et tarifs bancaires est souvent peu lisible. Il est donc important de distinguer les grands types de frais bancaires auxquels vous devez faire face. Il sera alors d’autant plus simple de minimiser les frais facturés par votre banque en respectant un certain nombre de conseils empreints de bon sens et en faisant jouer la concurrence.

Les 4 types de frais bancaires

La plupart de frais qu’une banque peut vous facturer sont classables en 4 types distincts qu’il faut connaître pour bien comprendre vos droits et à quels types de frais vous faites face.

Les frais bancaires de service

Ce sont tous les frais et commissions appliquées par les banques pour la délivrance d’un service. C’est ce qui est communément appelé le tarif bancaire et s’applique aux opérations courantes.

Cela comprend (entre autres) :

  • Les frais de gestion de compte : autrefois gratuits, ils sont de plus en plus souvent payants et associés à des formules commerciales plus ou moins sophistiquées.
  • La délivrance d’une carte bancaire : certaines sont néanmoins gratuites ou comprises dans les frais de gestion de compte
  • Les retraits à l’étranger : en plus des taux de change souvent élevés, de nombreuses banques appliquent des frais en pourcentage ou forfaitaire (voire une combinaison des deux) sur les retraits effectués à l’étranger dans les distributeurs automatiques de billets.
  • Les virements interbancaires : ils sont de plus en plus payants même si certaines banques offrent un certain nombre de virements mensuels gratuits.
  • Les retraits dans les distributeurs d’autres banques : ce sont des frais fréquents et parfois coûteux.
  • L’envoi de chéquier : ce sont aussi des frais qui peuvent être élevés sur vous êtes adeptes des chèques et il peut être intéressant de choisir le retrait de ceux-ci en agence.
  • Le paiement hors zone euro : c’est un pourcentage qui s’applique sur les paiements que vous pouvez effectuer avec votre carte bancaire dans des commerces en dehors de la zone euro. Certaines cartes haut de gamme permettent de s’en affranchir.

Tous ces frais doivent figurer dans le tarif qui vous est remis à l’ouverture de votre compte et vous devez être informés d’éventuelles modifications au fil du temps. Globalement, l’ensemble des banques ont des frais assez disparates dans leur répartition, mais les montants globaux sont souvent assez proches. Néanmoins, même de petites différences peuvent faire de gros écarts au fil des années. Les banques en lignes les plus récentes proposent souvent des formules de comptes avec des frais réduits voire presque inexistants et peuvent présenter de bonnes alternatives aux banques traditionnelles ou au moins constituer un levier de négociation !

Les frais ou commissions d’intervention

Lorsque la banque doit intervenir dans une procédure comme le rejet d’un chèque ou d’un prélèvement elle peut appliquer une commission d’intervention. Mais la justice considère aujourd’hui ces frais comme illégaux et il est possible de se les faire rembourser. En effet, de nombreuses banques continuent d’en appliquer et il ne faut pas hésiter à demander leur suppression à votre conseiller clientèle si c’est le cas.

Les frais bancaires de rejet

Il ne faut pas les confondre avec les précédents. Les frais de rejet sont appliqués lorsqu’un paiement se présente et que votre compte dépasse son découvert autorisé. La banque peut alors refuser d’honorer ces paiements et peut appliquer des frais de rejet.

Dans le cas d’un chèque, les frais de rejet ne peuvent pas dépasser 50 euros par chèque. Dans les cas d’autres formes de paiements, le plafond des frais de rejet est fixé à 20 euros par paiement rejeté.

Il est donc très important de négocier un découvert autorisé qui soit approprié à votre situation et tienne compte de vos flux de trésorerie pour éviter ce genre de situations.

 

Les frais bancaires de dépassement de découvert autorisé

Lorsque vous négociez un découvert autorisé, la banque prévoit un délai maximum pendant lequel vous pouvez être en deçà de votre découvert.

Si votre compte reste débiteur sur une période plus longue que celle prévue à votre compte, elle peut vous appliquer des frais de dépassement. Ce sont des intérêts de compte débiteur, ou des agios dans le langage bancaire. Selon le taux appliqué, leur coût peut être douloureux, notamment dans le cas où la situation perdure et que vous avez du mal à revenir au-dessus de votre seuil de découvert autorisé.

8 conseils pour faire baisser vos frais bancaires

Connaître le tarif bancaire associé à votre compte

Cela peut paraître évident mais nombreuses sont les personnes à n’avoir jamais jeté un œil sur leur tarif bancaire. Celui-ci vous est remis à l’ouverture de votre compte et finit bien souvent égaré. N’hésitez pas à en demander une version imprimée à votre conseiller bancaire et passez un peu de temps à analyser les prix. Ceci vous permettra de repérer les opérations plutôt chères ; il ne vous restera plus qu’à essayer de les éviter !

Enfin, lorsque vous recevez une révision de ces tarifs, prenez quelques minutes pour voir les postes qui ont subis de fortes augmentations ou ceux qui ont baissés (si vous avez un peu de chance !).

Éliminez les services et produits dont vous n’avez pas besoin

Vous payez peut-être pour des services dont vous n’avez pas besoin ou du moins dont vous pouvez vous passer.

Il est donc important de regarder de près les services auxquels vous avez souscrit et qui ne sont pas indispensables. Certaines banques font payer un deuxième relevé bancaire papier en milieu de mois : vous pouvez certainement suivre votre compte sur internet. Avez-vous besoin d’une carte bancaire premier qui inclut des services d’assurance voyage si vous voyagez très peu ?

Il y a ainsi bon nombre de questions à se poser pour éventuellement éliminer des coûts qui, petit à petit, grèvent votre budget.

Faire jouer la concurrence

Il peut être judicieux de regarder ce que propose la concurrence pour un compte bancaire comme le vôtre. Vous pouvez analyser les offres des autres réseaux bancaires via leurs publicités et brochures, mais vous pouvez aussi faire établir un devis dans une agence pour avoir une idée des frais bancaires que vous auriez sur une année.

Si vous trouvez des écarts intéressants avec votre situation actuelle, retournez voir votre conseiller bancaire et mettez-lui la situation en main. Il y a de fortes chances qu’il puisse faire un effort pour garder vos comptes et ne pas perdre un client !

Surveillez vos comptes et faites un budget

Les frais de base d’un compte bancaire ne sont pas les plus chers. Ceux qui vous coûtent le plus sont les frais bancaires associés aux découverts, aux chèques impayés et autres anomalies.

Pour éviter cela, il est recommandé de relever chacune de vos dépenses, de les classer et d’établir un budget prévisionnel. C’est un des moyens les plus sûrs pour maîtriser ses dépenses et éviter les incidents de paiements. Vous pouvez d’ailleurs, trouver de nombreux outils informatiques pour vous aider dans cette démarche.

Enfin, surveillez vos comptes et analysez vos relevés pour mettre à jour votre budget et traquer les dépenses superflues !

Utilisez une carte anti-dépassement

Si vous avez des problèmes de compte dans le rouge et que cela vous coûte cher en frais bancaires, n’hésitez pas à demander une carte anti-dépassement à votre banque. 

Cette carte est à autorisation systématique et quand vous désirez faire un paiement ou un retrait, une vérification sera faite en quelques secondes pour voir si votre compte est suffisamment approvisionné.

C’est certainement frustrant en cas de refus, mais vous éviterez de vous mettre dans le rouge et payer des frais bancaires qui ne font qu’aggraver les choses.

Il faut toutefois rester vigilant, car les dépenses du jour ne sont souvent pas encore comptabilisées. Il est donc possible de recevoir une autorisation de paiement alors que vous êtes dans le rouge depuis moins de 24 heures. Mais si vous êtes prudent dans vos dépenses et que vous voulez réellement maîtriser celles-ci, ce type de carte devrait être votre meilleur allié !

Si vous êtes en difficulté, évitez les paiements par chèque

Ce sont les frais de rejet de chèque bancaire qui constituent les frais bancaires les plus élevés. De plus, ils entraînent souvent des possibilités d’interdits bancaires qui auront de graves conséquences à moyen-terme.

Si vous éprouvez des difficultés financières et que votre compte bancaire flirte souvent avec la ligne rouge, adoptez une stratégie prudente. Essayez donc plutôt de payer en espèces après avoir fait un retrait au guichet de votre agence (ainsi vous êtes sûr de ne pas aller au-delà de votre découvert autorisé). Et surtout, évitez absolument les paiements par chèque tant que votre situation ne s’est pas améliorée.

Optez pour la gamme de paiement alternatif

Pour les personnes dont la santé financière est fragile, le législateur a mis en place depuis 2014 une gamme de services financiers réduits et à un coût modéré.

Cette gamme de paiement alternatif (GPA) constitue une offre spécifique destinée aux personnes en surendettement, ou inscrites pendant trois mois consécutifs au Fichier Central des Chèques pour un chèque impayé. Mais même sans avoir subi ce genre d’incidents, votre banquier peut, au vu de votre historique de compte, vous proposer cette offre moins coûteuse.

Aujourd’hui, chaque réseau bancaire doit disposer de ce genre d’offre et c’est un excellent outil (même temporaire) pour continuer à disposer de services bancaires allégés mais moins chers.

Négociez !

Enfin, n’hésitez pas à voir votre conseiller bancaire en cas de frais élevés. Ceux-ci ont souvent la possibilité de faire des gestes commerciaux. Vous pouvez aussi négocier votre tarif bancaire : il n’est pas rare de voir des banques déroger au tarif officiel et vous concocter un tarif sur-mesure, adapté à vos besoins.

Vous pourrez d’autant mieux négocier vos frais bancaires que votre historique bancaire est irréprochable, mais, quoi qu’il en soit, cela vaut la peine d’essayer !